|
|
|
Sous
forme de fine poussière, le pollen est l'élément reproducteur
produit par les organes mâles des plantes (étamines). Le plus
souvent, il est dispersé par les insectes et par le vent.
Le
grain de pollen porte à sa surface des ornements dont la forme
et le nombre sont caractéristiques de chaque espèce végétale.
Le pouvoir allergisant du pollen dépend de la quantité présente
dans l'air et de l'espèce végétale.
Certaines
espèces sont non allergisantes et d'autres au contraire le
sont très fortement comme le bouleau, l'aulne ou le noisetier
pour les arbres.
|
| Sont
présentés ici l'échelle des principaux pollens allergisants
ainsi que le calendrier de leur apparition au cours de l'année.
|
|
|
Marie-Noëlle
AMAR de l'APRIAN* et responsable des comptes polliniques et de la
maintenance du capteur au Laboratoire du Chatelet à Rouen pour le
RNSA**.
Depuis quand mesure-t-on les pollens à
Rouen ?
Cela
fait environ une dizaine d'années, depuis 1988. Il y avait auparavant
un capteur au Havre, il a été supprimé. Le suivi des pollens demande
beaucoup de travail. Il s'effectue du 15 février au 15 septembre
à Rouen. Il y a au total 45 sites, répartis harmonieusement en France.
La mesure effectuée à Rouen est-elle représentative
de toute la Haute-Normandie ?
On peut affirmer avec certitude que ce sont les mesures sur une
vingtaine de kilomètres à la ronde. Mais certains pollens légers
peuvent voyager très loin ; 100 km comme le cèdre par exemple. Après
comparaison des résultats, Reims, Rouen et Paris ont des comptages
similaires.
Le pollen est-il une pollution ?
Pour moi, non. C'est naturel. C'est le moyen de reproduction des
plantes. Mais les gens y deviennent plus sensibles. Souvent, les
allergies sont croisées avec des allergies tout d'abord alimentaires.
C'est compliqué. Si on se soigne mal, cela peut se transformer en
asthme.
La pollution de l'air joue-t-elle un rôle
?
Les personnes allergiques ont un terrain favorable. C'est souvent
héréditaire. L'allergie peut apparaître à n'importe quel âge, sauf
chez les personnes âgées. La pollution de l'air, comme le tabagisme
aussi, augmente la sensibilité de la personne et la rend plus sensible,
plus vulnérable à l'agression des pollens.
Que faut-il faire pour se protéger lorsque
l'on est sensible ?
Il faut tout d'abord savoir à quoi l'on est allergique en faisant
des tests biologiques (prise de sang) ou cutanés. On peut essayer
de se faire désensibiliser ou suivre un traitement médical pour
se protéger. Il peut être pris de manière préventive. Il faut savoir
qu'une personne sur 4 est allergique. Cela représente beaucoup de
monde et ça a plutôt tendance à augmenter.
De nouvelles allergies peuvent-elles apparaître
?
Oui. Certaines espèces de pollen peuvent devenir allergisantes.
On ne sait pas pourquoi. Un grain de pollen reste de toute façon
un corps étranger pour l'organisme. On devient plus sensible peut-être
aussi parfois par leur plus grande présence du fait de plantation
d'une même espèce. Mais l'inverse n'existe pas : un pollen allergisant
restera toujours allergisant. Il y a aussi des allergies aux spores
des champignons. Mais c'est plus rare. Il y a beaucoup de spores
dans l'air surtout dans les régions humides.
La météorologie a-t-elle une importance
sur la quantité de pollen mesurée ?
Bien sûr. Les périodes de chaleur et d'ensoleillement font mûrir
les fleurs ce qui s'ensuit d'une véritable explosion de pollens
dans l'air les jours suivants. La pluie est favorable à l'élimination
du pollen de l'air en le collant au sol. Le vent, lui, est plus
ou moins favorable à la dispersion, mais il peut aussi entraîner
très loin les pollens les plus légers (pins, cèdres). C'est un peu
comme pour la pollution de l'air…
Pour
plus d'info :
www. rnsa.asso.fr
* APRIAN : Association Pour la Recherche et l'Information des Allergies
en Normandie ** RNSA : Réseau National de Surveillance Aérobiologique
|