Les pollens

 

Sous forme de fine poussière, le pollen est l'élément reproducteur produit par les organes mâles des plantes (étamines). Le plus souvent, il est dispersé par les insectes et par le vent.

Le grain de pollen porte à sa surface des ornements dont la forme et le nombre sont caractéristiques de chaque espèce végétale.

Le pouvoir allergisant du pollen dépend de la quantité présente dans l'air et de l'espèce végétale.

Certaines espèces sont non allergisantes et d'autres au contraire le sont très fortement comme le bouleau, l'aulne ou le noisetier pour les arbres.

Sont présentés ici l'échelle des principaux pollens allergisants ainsi que le calendrier de leur apparition au cours de l'année.

 

Interview (juillet 2000)

Marie-Noëlle AMAR de l'APRIAN* et responsable des comptes polliniques et de la maintenance du capteur au Laboratoire du Chatelet à Rouen pour le RNSA**.

Depuis quand mesure-t-on les pollens à Rouen ?

Cela fait environ une dizaine d'années, depuis 1988. Il y avait auparavant un capteur au Havre, il a été supprimé. Le suivi des pollens demande beaucoup de travail. Il s'effectue du 15 février au 15 septembre à Rouen. Il y a au total 45 sites, répartis harmonieusement en France.

La mesure effectuée à Rouen est-elle représentative de toute la Haute-Normandie ?

On peut affirmer avec certitude que ce sont les mesures sur une vingtaine de kilomètres à la ronde. Mais certains pollens légers peuvent voyager très loin ; 100 km comme le cèdre par exemple. Après comparaison des résultats, Reims, Rouen et Paris ont des comptages similaires.

Le pollen est-il une pollution ?

Pour moi, non. C'est naturel. C'est le moyen de reproduction des plantes. Mais les gens y deviennent plus sensibles. Souvent, les allergies sont croisées avec des allergies tout d'abord alimentaires. C'est compliqué. Si on se soigne mal, cela peut se transformer en asthme.

La pollution de l'air joue-t-elle un rôle ?

Les personnes allergiques ont un terrain favorable. C'est souvent héréditaire. L'allergie peut apparaître à n'importe quel âge, sauf chez les personnes âgées. La pollution de l'air, comme le tabagisme aussi, augmente la sensibilité de la personne et la rend plus sensible, plus vulnérable à l'agression des pollens.

Que faut-il faire pour se protéger lorsque l'on est sensible ?

Il faut tout d'abord savoir à quoi l'on est allergique en faisant des tests biologiques (prise de sang) ou cutanés. On peut essayer de se faire désensibiliser ou suivre un traitement médical pour se protéger. Il peut être pris de manière préventive. Il faut savoir qu'une personne sur 4 est allergique. Cela représente beaucoup de monde et ça a plutôt tendance à augmenter.

De nouvelles allergies peuvent-elles apparaître ?

Oui. Certaines espèces de pollen peuvent devenir allergisantes. On ne sait pas pourquoi. Un grain de pollen reste de toute façon un corps étranger pour l'organisme. On devient plus sensible peut-être aussi parfois par leur plus grande présence du fait de plantation d'une même espèce. Mais l'inverse n'existe pas : un pollen allergisant restera toujours allergisant. Il y a aussi des allergies aux spores des champignons. Mais c'est plus rare. Il y a beaucoup de spores dans l'air surtout dans les régions humides.

La météorologie a-t-elle une importance sur la quantité de pollen mesurée ?

Bien sûr. Les périodes de chaleur et d'ensoleillement font mûrir les fleurs ce qui s'ensuit d'une véritable explosion de pollens dans l'air les jours suivants. La pluie est favorable à l'élimination du pollen de l'air en le collant au sol. Le vent, lui, est plus ou moins favorable à la dispersion, mais il peut aussi entraîner très loin les pollens les plus légers (pins, cèdres). C'est un peu comme pour la pollution de l'air…

Pour plus d'info : www. rnsa.asso.fr

* APRIAN : Association Pour la Recherche et l'Information des Allergies en Normandie ** RNSA : Réseau National de Surveillance Aérobiologique