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Qui
n'a jamais vu son rosier être en train de dépérir, les feuilles
couvertes de drôles de tâches ? Bien visibles et même spectaculaires,
les dommages sur les végétaux font souvent l'objet d'interrogations,
voire d'inquiétudes. Une cause fréquemment présumée est la pollution
de l'air. Contrairement à cette idée reçue, le prélèvement d'échantillons
en Seine Maritime, Eure et Calvados, durant l'été 2000 et leur observation
avec l'aide de Monsieur Bonneau, phytopathologiste*, n'ont pas mis
en avant la présence de symptômes caractéristiques de la pollution
atmosphérique. Les préjudices observés ou aisément observables sont
généralement la conséquence de maladies parasitaires : champignons,
acariens, insectes…qui sont pour la plupart faciles à reconnaître
- une fois que l'on a appris à le faire.
Les effets de la pollution sont plus faciles à identifier en
laboratoire…
Des essais en laboratoire permettent d'avancer sur la question.
Les effets des principaux polluants, à savoir le dioxyde de soufre
(SO2), les oxydes d'azote (NO et NO2) et l'ozone (O3) sont ainsi
mis en évidence. La sensibilité des végétaux à la pollution atmosphérique
dépend de nombreux facteurs : climatiques (vitesse du vent, lumière,
température, humidité), édaphiques (propriétés nutritives en eau
et minéraux du sol) et biologiques (âge, espèce végétale…). A ces
facteurs influençant la sensibilité des plantes s'ajoutent les effets
des polluants variant eux-mêmes selon le type de polluant, sa concentration
et sa durée d'exposition.
De
façon générale, l'exposition aux doses élevées produit des effets
plus ou moins visibles : d'abord de simples feuilles décolorées,
tachetées ou abîmées, puis des déformations plus sévères et des
chutes de feuilles, de fleurs ou de fruits jusqu'à la mort de la
plante. Des effets non visibles sont attribués, quant à eux, à des
expositions aux doses faibles mais sur des durées assez longues,
entraînant des problèmes internes, de croissance par exemple. Un
affaiblissement général du végétal peut être provoqué et par conséquent
le rendre plus vulnérable aux maladies (parasites, carences…)…
…que dans la nature
Si
les dégâts provoqués par les polluants atmosphériques sont bien
définis en laboratoire, il en est tout autrement dans l'environnement.
Les symptômes y sont généralement peu nets et rares. Les dépôts
blanchâtres, collants, ou encore les petites taches colorées que
l'on rencontre majoritairement s'expliquent par des champignons,
pucerons, ou acariens aux noms plus ou moins savants. Leur apparition,
leur développement et leur multiplication ont été favorisés par
cet été 2000, doux et humide. Un autre critère météorologique peut
être directement impliqué, c'est le vent qui provoque parfois le
dessèchement des jeunes feuilles qui deviennent rousses et craquantes
sur leur périphérie. Bien d'autres causes existent comme les carences
minérales en fer, calcium, azote, zinc, cuivre, manganèse… liées
à un appauvrissement du sol ou à la sécheresse.
Sans le vouloir, la main de l'homme est aussi dévastatrice, plus
souvent qu'on ne le pense : la mauvaise utilisation de produits
chimiques, comme les désherbants ou les pesticides, peut entraîner
des dégâts très sérieux et de longue durée par effet d'accumulation
dans le sol. Il en est de même en milieu urbain ou sur certains
axes routiers, de l'épandage de sel durant la saison hivernale.
Il apparaît donc que les atteintes observées sur nos végétaux dépendent
plus souvent d'un oubli ou d'une méconnaissance des maladies et
des gestes d'entretien que de l'effet direct de la pollution de
l'air, plus insidieux et généralement difficilement observable à
l'œil nu.
* spécialiste des maladies des plantes. M. Bonneau est actuellement
conseiller technique à la Direction Régionale de l'Environnement
(DIREN) après avoir travaillé au Service Régional de la Protection
des Végétaux.
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