|
Les
molécules odorantes sont de natures variées et peuvent " parfumer
" de grands volumes d'air tout en restant à de faibles concentrations.
Aucun appareil de mesure n'existe à ce jour pour suivre dans l'environnement
une telle gamme de molécules. Seul le nez humain est capable de
les détecter et ceci à des seuils très bas.
Déjà en 1991, Air Normand avait fait appel à des " nez " soient
370 bénévoles habitant l'estuaire de la Seine, pour humer l'air
tous les jours et noter leur gêne (c'était " l'Opération Cyrano
"). De " moyennement " ou " fortement " à " pas du tout " gênant,
les résultats ont permis de mettre en avant 26 entreprises sources
d'odeurs. La Direction Régionale de la Recherche et de l'Environnement
(DRIRE) a ensuite incité ces sites à travailler sur le thème des
odeurs. 800 millions de Francs ont ainsi été investis jusqu'en 1998.
En 1997, Air Normand participe aux côtés de la mairie de Grand-Couronne
à la mise en place d'une autre opération : " Dis-moi ce que tu sens
? " autour d'une usine de trituration de colza et de tournesol (Saipol).
Le travail ne consiste plus à noter la gêne mais à " mesurer " les
odeurs. Toujours avec l'aide du nez d'habitants bénévoles. Ceux-ci
sont formés à la reconnaissance des odeurs en nature et intensité
(selon la méthode du Champ des Odeurs avec IAP Sentic).
Ces
habitants effectuent ensuite des relevés quotidiens depuis leur
domicile, ce qui permet :
- de
connaître le " paysage olfactif " d'un secteur géographique,
-
de tracer le profil olfactif d'une usine,
- de
comparer les odeurs perçues par les populations riveraines avec
celles recensées sur le ou les sites émetteurs,
- d'établir
des pistes d'interventions prioritaires pour la réduction des
nuisances,
- de
mesurer l'impact dans l'environnement des traitements d'abattements
d'odeurs mis en place…
| Profil
olfactif de Saipol |
Les
notes émergeantes sur ce profil sont le sulfurol (47)
et le méthional (43) qui ont été déterminées
comme les notes les plus représentatives des émissions
de l'usine. |
 |
|